Vous faites travailler en France des intérimaires roumains et vous voulez connaître la durée maximale du détachement ? Pas de réponse unique. Trois plafonds coexistent : le seuil du droit du travail, la durée de la mission d’intérim et l’affiliation sociale.
Le détachement d’un intérimaire roumain en France obéit à trois compteurs indépendants. Chacun a sa propre limite et sa propre logique. Vous devez donc les vérifier séparément, du premier jour jusqu’à la fin de la mission.

Pendant les 12 premiers mois, le salarié détaché bénéficie du « noyau dur » des règles françaises impératives, c’est-à-dire le socle minimal que tout employeur étranger doit respecter. Côté droit du travail, la durée maximale du détachement dans ce régime ordinaire est donc de 12 mois. Ce socle couvre notamment :
Cette évolution vient de l’ordonnance n° 2019-116, qui transpose la directive (UE) 2018/957. À partir du 13e mois, le travailleur détaché bénéficie de toutes les conditions de travail et d’emploi obligatoires en France. Deux exceptions demeurent : les règles de conclusion et de rupture du contrat, ainsi que les régimes complémentaires de retraite professionnels.
| Période | Règles françaises applicables | Exclusions |
| Mois 1 à 12 | Noyau dur : durée du travail, repos, congés payés, rémunération, santé-sécurité | Le reste du droit du travail français |
| À partir du 13e mois | Toutes les conditions de travail et d’emploi obligatoires | Conclusion et rupture du contrat, retraite professionnelle complémentaire |
Deuxième compteur : le contrat de mission lui-même. En principe, il ne peut pas dépasser 18 mois, renouvellements compris. Une convention collective de branche peut toutefois prévoir une autre durée dans le cadre admis par la loi. Le motif de recours fait varier ce plafond :
Le motif inscrit au contrat détermine donc la durée maximale réelle. Vérifiez-le dès la signature, avant de planifier la suite du chantier.
Troisième compteur : la sécurité sociale. Si les conditions européennes du détachement temporaire sont réunies, le salarié reste affilié au régime roumain pendant 24 mois au maximum. Le certificat A1 le prouve : il atteste la législation de sécurité sociale applicable et dispense en principe de cotisations en France pendant sa validité. Ce cadre est détaillé dans les règles européennes du travail détaché.
Attention à une confusion fréquente. Un A1 valable 24 mois ne prolonge ni la durée autorisée du contrat de mission, ni le seuil à partir duquel le régime français de longue durée s’applique. Il ne concerne que la sécurité sociale.
Votre chantier prend du retard ? Il est possible de reporter l’application du régime de longue durée. Cela reste une démarche encadrée, sans renouvellement automatique, et avec un délai à respecter. En parallèle, le maintien social et les formalités doivent rester en règle.

L’employeur peut différer le régime de longue durée en déposant une déclaration motivée sur SIPSI, le téléservice français de déclaration du détachement. Il doit le faire avant l’expiration des 12 mois. Les étapes :
Il s’agit d’une déclaration motivée, pas d’une demande d’autorisation préalable. L’administration ne rend donc pas de décision individuelle : vous prolongez la période sous votre responsabilité, sur un motif que vous devez pouvoir justifier.
La prolongation côté droit du travail ne garantit rien côté sécurité sociale. Le maintien de la législation roumaine suppose deux conditions : une durée prévisible d’activité en France de 24 mois au plus, et l’absence de remplacement d’une autre personne.
En règle générale, le salarié doit aussi avoir relevé de son régime habituel de sécurité sociale en Roumanie pendant au moins 1 mois avant le départ. Des périodes plus courtes peuvent être acceptées après un examen individuel.
L’entreprise roumaine demande le document A1 à la CNPP, l’institution roumaine compétente, et vérifie que les conditions restent remplies. Le lien de travail avec elle doit être maintenu pendant toute la mission : c’est ce qui assure la protection sociale du salarié. Nous appliquons ce contrôle à chaque mission, notamment pour nos travailleurs détachés dans la construction.
Avant le début de la mission, l’employeur étranger effectue la déclaration préalable de détachement auprès de l’inspection du travail compétente et désigne un représentant en France. Pour une mission de plus de 4 semaines consécutives, le salarié reçoit avant son départ une information écrite sur le pays d’accueil, la durée, la devise de paiement, la rémunération, les allocations, le rapatriement et les frais.
Vous êtes donneur d’ordre ? Vérifiez les documents du prestataire et conservez les justificatifs de conformité des conditions de travail. Les règles européennes de la mobilité internationale relient ainsi trois volets : les conditions d’emploi en France, l’information du salarié et la coordination de la protection sociale.
Que se passe-t-il quand un seuil est franchi ? Pas forcément la fin de la mission. Le cadre applicable change, et c’est à ce changement que vous devez vous préparer.

Sans déclaration motivée déposée à temps, le régime de longue durée s’applique dès le 13e mois. L’entreprise peut toutefois poursuivre la prestation. Le 18e mois n’est pas non plus une limite générale de présence en France : il marque la fin de la dérogation. Au-delà, l’ensemble élargi des règles françaises obligatoires s’applique nécessairement.
Franchir 12 ou 18 mois ne transforme pas automatiquement le contrat roumain en contrat français. Le salarié détaché garde son employeur d’origine, mais bénéficie de protections françaises plus larges.
Après l’expiration des 24 mois, aucun renouvellement automatique du maintien au régime roumain n’est prévu. Pour une durée supérieure, une prolongation exceptionnelle peut être demandée sur le fondement de l’article 16 du règlement (CE) n° 883/2004. Elle dépend d’un accord entre les États concernés.
Sans cet accord, la législation applicable change. Le travailleur relève du régime français de sécurité sociale dès la fin des 24 mois, puisque l’activité s’exerce en France. Les cotisations de sécurité sociale sont alors dues en France.
Anticipez ce changement d’affiliation plusieurs mois à l’avance. Vous évitez ainsi une rupture de droits sociaux pour le salarié et un risque de double cotisation pour l’entreprise.
Enchaîner les salariés pour remettre les compteurs à zéro ? Cela ne fonctionne pas. Les autorités regardent le poste et la réalité de la mission :
Les manquements aux obligations visées par les articles L. 1264-1 et L. 1264-2 du code du travail sont sanctionnés jusqu’à 4 000 € par salarié. En cas de réitération dans les 2 ans, le plafond passe à 8 000 € par salarié.
Le total est limité à 500 000 €. Ce sont des plafonds, et non des sommes dues automatiquement. Nous traitons aussi la rémunération et le contrat du salarié détaché dans nos guides pratiques sur le travail détaché.
La durée n’est pas le seul enjeu. La forme juridique de la relation détermine le cadre applicable au salarié. Prestation de service ou mise à disposition : la différence doit être claire avant même le départ du salarié.

Dans une prestation de service transnationale, l’entreprise roumaine conserve le contrat de travail de son salarié et réalise une mission pour un client établi en France. Retenez quatre repères :
Un contrôle examinera donc qui organise réellement le travail sur le terrain, et pas seulement les documents signés. Ce principe vaut aussi pour le détachement de sécurité sociale attesté par l’A1.
Dans une mise à disposition de personnel, le salarié travaille sous l’autorité opérationnelle de l’entreprise française, ce qui accroît le risque de requalification. Les dispositions françaises du travail temporaire s’appliquent alors, même si l’agence est établie hors de France. En tant qu’entreprise utilisatrice, vous communiquez à l’agence vos règles de rémunération pour garantir l’égalité de traitement.
Rapid-interim est une agence d’intérim roumaine qui place des travailleurs roumains détachés en France et en Europe, notamment dans le cadre de la prestation transnationale. Dans la construction et les travaux publics, ces renforts répondent aux besoins de chantier, à condition de respecter les règles du détachement et de l’intérim.
La même vigilance s’applique à la logistique, l’industrie, la distribution, le transport, la santé ou l’hôtellerie-restauration. Pour chaque mission, qu’il s’agisse de travailleurs détachés dans l’agriculture ou d’un intérimaire dans la logistique, nous vérifions séparément la durée de mission, le droit applicable et l’affiliation sociale. Un recrutement rigoureux et un accompagnement complet encadrent chaque mission.
Oui. Hors construction, les règles de rémunération et de congés annuels du pays d’accueil ne s’imposent pas pour un montage initial ou une première installation, prévus au contrat et réalisés par du personnel spécialisé, si la durée du détachement est inférieure à 8 jours par an. Un État peut aussi exclure ces règles pour les détachements de moins de 1 mois, mais pas pour les intérimaires.
Elle dépend de la convention bilatérale signée avec le pays concerné. Selon les accords, la durée peut être de 12, 24 ou 60 mois.
Trois ans au maximum pour un salarié, selon l’article R421-38 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Pour un stagiaire, la limite est d’un an (article R421-55). Ces durées sont réduites du temps déjà passé dans un autre État membre de l’UE pour une mission similaire.
Oui, pendant 24 mois au maximum, de droit si les conditions sont réunies. L’activité doit être exercée en France depuis au moins 2 mois. L’indépendant continue de cotiser auprès de ses organismes français et ne paie pas de cotisations dans l’État où il travaille temporairement.
Forts d’une expérience solide et d’une connaissance approfondie du marché du travail européen, nous offrons des solutions sur mesure pour répondre aux besoins spécifiques de nos clients.